Démangeaisons intenses, gêne au quotidien, nuits écourtées… le prurit vulvaire peut vite devenir épuisant. Bonne nouvelle, dans la majorité des cas, il se traite efficacement dès que l’on en identifie la cause. Voici un guide clair pour comprendre d’où viennent ces démangeaisons, comment les soulager et quand consulter. Des photos explicatives vous aident à repérer les signes typiques et à mieux décrire vos symptômes.
💡 À retenir
- Environ 30% des femmes souffrent de prurit vulvaire à un moment donné de leur vie.
- Les infections vaginales sont une des causes les plus fréquentes de démangeaisons.
- Des études montrent que le traitement précoce peut réduire l’inconfort et prévenir les complications.
Qu’est-ce que le prurit vulvaire ?
Le prurit vulvaire correspond à une démangeaison localisée sur la vulve, c’est-à-dire la partie externe des organes génitaux féminins. Il ne s’agit pas du vagin à proprement parler. Cette nuance aide à orienter la cause et le traitement.
Le prurit peut être ponctuel, récurrent ou persistant. Il varie d’une simple gêne à une envie irrépressible de se gratter, parfois plus marquée la nuit. Gratter soulage sur le moment, mais aggrave souvent l’irritation et peut créer des micro-lésions.
Définition et types
On distingue des démangeaisons aiguës, souvent liées à une irritation ou une infection passagère, et des formes chroniques au-delà de 6 semaines. Les causes peuvent être infectieuses, dermatologiques, hormonales, mécaniques ou neurologiques.
Le terme médical de démangeaison est prurit. Lorsque la peau s’épaissit à force de se gratter, on parle de lichenification, signe d’un prurit qui s’installe. Environ 30% des femmes y seront confrontées au cours de leur vie.
Causes du prurit vulvaire
Plusieurs mécanismes peuvent provoquer un prurit vulvaire. Les infections figurent parmi les plus fréquents, mais ne sont pas les seules. Connaître les grandes familles de causes évite les traitements inadaptés qui entretiennent le problème.
Les causes infectieuses incluent la mycose vulvo-vaginale à Candida, souvent après antibiotiques, avec pertes blanches grumeleuses et brûlures. D’autres infections comme la vaginose bactérienne donnent plutôt une odeur inhabituelle que de fortes démangeaisons. Trichomonas peut entraîner irritations et écoulements mousseux. Les IST comme l’herpès provoquent brûlures, vésicules et douleurs.
Facteurs de risque
Les causes dermatologiques regroupent l’eczéma de contact lié aux gels parfumés, lingettes, protège-slips parfumés ou lessives, le psoriasis, ou des dermatoses spécifiques comme le lichen scléreux qui blanchit et fragilise la peau. Chez certaines, la sécheresse vulvaire liée à la baisse d’œstrogènes après la ménopause, en post-partum ou pendant l’allaitement favorise les démangeaisons.
D’autres pistes existent: frottements répétés avec vêtements serrés, sueur, sport prolongé en short humide; oxyurose chez l’enfant ou la personne exposée; déséquilibre du microbiote après douches vaginales; maladies générales comme diabète ou troubles thyroïdiens; médicaments favorisant une mycose après traitement; causes plus rares comme des lésions précancéreuses nécessitant un avis spécialisé.
- Antibiotiques récents, diabète, immunodépression
- Produits parfumés, préservatifs au latex, lubrifiants irritants
- Vêtements synthétiques serrés, transpiration prolongée
- Changements hormonaux: grossesse, ménopause, post-partum
Symptômes associés
Le prurit vulvaire peut s’accompagner de rougeurs, gonflement, sensation de brûlure, picotements, fissures ou pertes anormales. La douleur lors des rapports, une gêne à la miction ou une peau qui s’épaissit à force de se gratter sont également possibles.
Certains signes orientent: pertes épaisses blanches et grumeleuses avec brûlures pour une mycose; écoulement grisâtre avec odeur de poisson pour une vaginose; vésicules douloureuses pour un herpès; plaques blanches nacrées fragiles et démangeaisons intenses pour un lichen scléreux.
Symptômes fréquents
Des démangeaisons plus fortes la nuit, un cercle grattage-douleur-grattage, une gêne en position assise prolongée ou à vélo, ou une aggravation après un nouveau gel douche ou une lessive évoquent une irritation ou un eczéma de contact. Quand une sécheresse vaginale se mêle aux symptômes, la piste hormonale est plausible.
Consultez rapidement si vous présentez fièvre, douleur intense, ulcérations qui ne cicatrisent pas, saignements inexpliqués, suintement jaune verdâtre abondant, si vous êtes enceinte ou si l’enfant concerné se gratte la nuit avec douleurs abdominales.
Comment traiter le prurit vulvaire ?

Le traitement dépend de la cause, avec comme priorité d’apaiser la peau et de rompre le cercle du grattage. Commencez par supprimer les irritants, adopter une toilette douce et porter des sous-vêtements respirants. Un traitement ciblé vient ensuite corriger l’origine du prurit vulvaire.
Avant de traiter, l’examen clinique oriente souvent le diagnostic. Selon la situation, le professionnel peut réaliser un prélèvement vaginal, mesurer le pH, rechercher des champignons ou bactéries, faire un test pour IST, ou envisager une biopsie cutanée si une dermatose chronique est suspectée.
Options de traitement
Soulager immédiatement:
- Compresses d’eau froide 5 à 10 minutes, 2 à 3 fois par jour
- Crème barrière neutre type émollient sans parfum sur la vulve, jamais à l’intérieur du vagin
- Antihistaminique le soir si démangeaisons nocturnes gênantes, après avis pharmaceutique
Traiter la cause identifiée:
- Mycose à Candida: ovule et crème antifongiques locaux à base d’azole pendant 1 à 3 jours, éviter l’automédication répétée si récidives
- Vaginose bactérienne ou trichomonase: métronidazole sur prescription, prise en charge du ou de la partenaire si nécessaire
- Herpès génital: antiviraux oraux type aciclovir selon l’avis médical
- Eczéma de contact, psoriasis: dermocorticoïdes locaux de courte durée avec émollients, identification et éviction de l’allergène
- Lichen scléreux: dermocorticoïde puissant comme clobétasol sous suivi spécialisé
- Sécheresse post-ménopausique: œstrogènes locaux en crème ou ovule, hydratation régulière
- Oxyurose: antiparasitaire adapté et traitement de l’entourage
Si les démangeaisons persistent, un dermatologue ou un gynécologue peut proposer des alternatives comme des inhibiteurs de la calcineurine topiques, ou évaluer une composante neuropathique. Les probiotiques vaginaux peuvent aider certaines patientes sujettes aux mycoses récidivantes, avec un bénéfice variable.
Astuce utile: notez dans un journal les produits utilisés, le cycle menstruel, les rapports, les vêtements portés, les activités sportives et l’intensité des symptômes. Cette traçabilité accélère le diagnostic et optimise le suivi. Un traitement précoce limite l’inconfort et réduit le risque de complications.
Prévention et conseils
De simples habitudes protègent la peau vulvaire et préviennent le retour des démangeaisons. L’idée est de respecter l’équilibre naturel de la zone intime et d’éviter les agressions chimiques et mécaniques.
Pour la toilette, préférez l’eau tiède et un syndet doux au pH physiologique, une fois par jour. Pas de douches vaginales, pas de gants rêches. Séchez en tamponnant avec une serviette douce. Évitez les bains moussants et les huiles parfumées dans le bain.
Conseils pratiques
- Sous-vêtements en coton, coupe ample; changez après le sport ou si vous transpirez
- Lessive hypoallergénique, rinçage abondant; pas d’assouplissant parfumé
- Évitez protège-slips parfumés et lingettes intimes; changez les protections régulièrement
- Pendant les règles, privilégiez des protections non parfumées; nettoyez correctement les coupes menstruelles
- Préservatif si nouveau partenaire; dépistage IST si doute
En cas de mycoses répétées, discutez d’un plan de prévention avec votre médecin. Une adaptation de la contraception, la gestion d’un diabète, la réduction du sucre alimentaire ou le traitement d’un déséquilibre hormonal peuvent faire la différence. Si le prurit vulvaire dure plus de 2 à 3 semaines malgré ces mesures, prenez rendez-vous pour un avis personnalisé.



