Un cœur qui bat à 40 pulsations peut inquiéter, surtout si ce rythme est nouveau ou s’accompagne de malaise. Parfois, c’est normal, comme chez les sportifs entraînés. D’autres fois, cela traduit un ralentissement du rythme appelé bradycardie. Voici l’essentiel pour comprendre, repérer les signaux d’alerte et savoir quand consulter si vous observez un cœur qui bat à 40 pulsations.
💡 À retenir
- Un cœur qui bat à 40 pulsations correspond à une bradycardie. Ce peut être normal chez certains sportifs, mais nécessite une évaluation médicale si symptômes ou contexte à risque.
- Environ 1% de la population peut souffrir de bradycardie sans symptômes
- Une fréquence cardiaque normale est généralement entre 60 et 100 pulsations par minute
- Des études montrent que la bradycardie peut être un signe de problèmes cardiaques sous-jacents
Qu’est-ce que la bradycardie ?
La bradycardie est un rythme cardiaque plus lent que la normale. Chez l’adulte, on parle de bradycardie lorsque la fréquence cardiaque au repos descend en dessous de 60 bpm. Un cœur qui bat à 40 pulsations entre donc dans cette définition, sans que cela soit automatiquement dangereux.
Le cœur fonctionne grâce à un système électrique. Quand le “pacemaker naturel” (nœud sinusal) envoie moins d’impulsions, ou quand la conduction entre les cavités se fait mal, le débit sanguin peut diminuer, provoquant fatigue, vertiges ou syncopes. Des études récentes indiquent que la bradycardie peut parfois révéler un problème sous-jacent, notamment de conduction, d’où l’intérêt d’une évaluation adaptée.
Définition de la bradycardie
On distingue la bradycardie sinusale quand l’origine est le nœud sinusal, et les troubles de conduction comme le bloc auriculo-ventriculaire. Un cœur qui bat à 40 pulsations peut être physiologique chez les sportifs d’endurance au repos, car leur cœur pompe plus efficacement.
Exemple concret : Paul, 32 ans, marathonien, affiche souvent 42 à 48 bpm au repos, sans aucun symptôme. Son cardiologue a confirmé un cœur entraîné et sain. À l’inverse, Jeanne, 67 ans, a vu sa fréquence chuter à 40 bpm avec étourdissements. L’ECG a révélé un trouble de conduction nécessitant une prise en charge.
Causes d’un cœur qui bat à 40 pulsations
Les causes vont du totalement bénin au véritable signe d’alarme. Un cœur qui bat à 40 pulsations peut résulter d’un entraînement sportif intense, de la prise de certains médicaments, d’un trouble métabolique ou d’une maladie du système électrique du cœur.
Dans la pratique, les médecins classent ces causes en grandes familles pour orienter le diagnostic et le traitement.
- Physiologique : sportif d’endurance, sommeil profond, vagotonie.
- Cardiaque : maladie du nœud sinusal, bloc auriculo-ventriculaire, séquelles d’infarctus.
- Médicamenteuse : bêta-bloquants, certains anti-arythmiques, digitaliques, sédatifs.
- Métabolique et hormonal : hypothyroïdie, désordres électrolytiques (potassium, magnésium), hypothermie.
- Autres : apnées du sommeil, infections (dont maladie de Lyme), augmentation de la pression intracrânienne.
Chez un adulte non sportif, la prise d’un bêta-bloquant associée à une hypothyroïdie débutante peut suffire à entraîner un ralentissement à 40 bpm. D’où l’importance d’un bilan précis plutôt que d’auto-interpréter la montre cardio.
Facteurs de risque
Certains profils sont plus exposés à la bradycardie symptomatique : âge avancé, antécédents de maladie cardiaque, prise de médicaments qui ralentissent le cœur, troubles endocriniens, déséquilibres électrolytiques et apnées du sommeil. Une chirurgie cardiaque récente ou une infection virale peut aussi perturber la conduction.
Symptômes associés

Les signes varient beaucoup. Environ 1 % des personnes ont une bradycardie sans aucun symptôme. Chez d’autres, un cœur qui bat à 40 pulsations s’accompagne de fatigue inhabituelle, de vertiges ou de malaise. Tout dépend du débit sanguin que le cœur parvient à maintenir.
Certains ressentent un essoufflement à l’effort, des troubles de la concentration, des palpitations lentes, voire des pertes de connaissance brèves. Nadia, 58 ans, décrivait un voile noir en se levant. Son enregistreur Holter a mis en évidence des pauses cardiaques nocturnes nécessitant un avis spécialisé.
Symptômes courants
- Étourdissements, tête qui tourne, sensation d’instabilité.
- Fatigue persistante, baisse de l’endurance.
- Essoufflement à l’effort, oppression.
- Palpitations lentes, “coups” irréguliers.
- Syncopes ou pré-syncopes (malaise avec impression de chute).
Quand consulter un médecin ?
Consultez rapidement si vous avez un cœur qui bat à 40 pulsations accompagné de symptômes, surtout s’ils sont nouveaux ou s’aggravent. Une évaluation médicale s’impose en cas de malaise, douleurs thoraciques, essoufflement important, confusion ou faiblesse marquée.
Si votre montre connectée signale 40 bpm la nuit, sans aucun symptôme, notez le contexte, l’heure, et surveillez sur quelques jours. Prenez rendez-vous si cela se répète ou si vous avez des facteurs de risque cardiaque. En cas de perte de connaissance, douleur thoracique ou essoufflement sévère, appelez les services d’urgence.
Examens médicaux
- ECG de repos pour identifier le type de bradycardie et rechercher un trouble de conduction.
- Holter ECG 24–72 h ou enregistreur prolongé pour capter les épisodes intermittents.
- Bilan sanguin : TSH (thyroïde), électrolytes (potassium, magnésium), fonction rénale.
- Échocardiographie pour évaluer la structure et la fonction du cœur.
- Dépistage des apnées du sommeil ou tests ciblés selon le contexte.
Traitements possibles
Le traitement d’un cœur qui bat à 40 pulsations dépend d’abord de la cause et des symptômes. Chez un sportif asymptomatique, la surveillance suffit souvent. Si un médicament ralentit trop le cœur, le médecin peut ajuster la dose ou proposer une alternative.
Quand la bradycardie résulte d’un trouble de conduction avancé ou d’une maladie du nœud sinusal avec symptômes, la pose d’un stimulateur cardiaque peut être recommandée. En urgence, un traitement transitoire (atropine, stimulation temporaire) stabilise le patient en attendant la solution définitive.
Options de traitement
- Surveillance et hygiène de vie si bradycardie physiologique et aucune gêne.
- Ajustement des médicaments qui ralentissent le cœur.
- Correction des causes : traitement de l’hypothyroïdie, des désordres électrolytiques, des apnées du sommeil.
- Implantation d’un pacemaker en cas de troubles de conduction symptomatiques ou à risque.
- Mesures d’urgence en cas de malaise sévère ou de syncope.
Témoignage bref : Michel, 72 ans, souffrait de vertiges récurrents avec un cœur à 38–42 bpm. Le diagnostic de bloc auriculo-ventriculaire a conduit à la pose d’un pacemaker. En quelques jours, l’énergie est revenue et les malaises ont disparu.
Prévention et conseils pratiques
Adopter un mode de vie protecteur du cœur réduit le risque de bradycardie problématique et facilite le suivi. Hydratation, sommeil suffisant, activité physique régulière et alimentation équilibrée sont vos alliés. Vérifiez toujours les effets cardiaques potentiels d’un nouveau médicament avec votre médecin, surtout si vous avez déjà observé un cœur qui bat à 40 pulsations.
Les montres cardio sont utiles, mais elles ne remplacent pas un ECG. Fiez-vous à vos sensations. Si vous êtes sportif, augmentez votre charge d’entraînement progressivement et planifiez des bilans réguliers. En cas de trouble connu, gardez à portée de main votre liste de traitements et vos comptes rendus médicaux.
Conseils pour un cœur en santé
- Visez 7 à 8 heures de sommeil par nuit et traitez les troubles du sommeil.
- Restez bien hydraté et limitez l’alcool, qui peut perturber le rythme.
- Pratiquez une activité d’endurance modérée 150 minutes par semaine, avec échauffement et récupération.
- Ne modifiez jamais seul un traitement cardiologique ; discutez d’abord avec votre médecin.
- Surveillez votre fréquence au repos sur plusieurs jours plutôt qu’un seul relevé isolé.
Un cœur qui bat à 40 pulsations n’est pas toujours synonyme de danger. Le contexte, la présence de symptômes et les résultats des examens guident la suite. En cas de doute, demandez un avis médical, simple, rapide et souvent rassurant.